Alcool, tabac, médicaments pendant la grossesse : ce qui change, et comment l’aider

Le test est positif, et du jour au lendemain, beaucoup de petites habitudes changent pour votre compagne : le verre de vin au dîner, la cigarette, le comprimé contre le mal de tête. Ces changements ne sont pas toujours faciles, surtout quand la grossesse n’est pas encore annoncée. La bonne nouvelle, c’est qu’ils se vivent beaucoup mieux à deux.
L’essentiel
- Alcool : zéro, de la conception à la fin de la grossesse. Aucune dose sans risque n’a été identifiée.
- Tabac : à arrêter, avec de l’aide si besoin. La cigarette électronique n’est pas recommandée pendant la grossesse.
- Médicaments : jamais sans avis, même ceux en vente libre. Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène sont interdits à partir du 6e mois.
- Votre rôle compte : votre consommation, votre fumée et vos réflexes de tous les jours font partie de l’équation.
Comprendre
Alcool : pourquoi zéro
L’alcool passe presque entièrement dans le sang du bébé, à travers le placenta. Il peut provoquer des malformations pendant les trois premiers mois, et il est toxique pour le cerveau du bébé pendant toute la grossesse.
Aucun seuil en dessous duquel le risque serait nul n’a jamais été mis en évidence. D’où la recommandation simple : zéro alcool. Une consommation modérée expose surtout à des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF), une consommation importante au syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF).
Le futur papa est concerné lui aussi : sa consommation au moment de la conception peut également exposer l’enfant à des malformations et à des troubles du neurodéveloppement.
Tabac : un risque, même de loin
Fumer pendant la grossesse augmente notamment le risque de fausse couche et d’accouchement prématuré. Le monoxyde de carbone de la fumée passe dans le sang du bébé et freine sa croissance.
Le tabagisme passif expose aussi la future maman et le bébé, de façon plus modérée. Autrement dit : votre cigarette compte, même fumée à côté d’elle.
La cigarette électronique et les autres produits du vapotage ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse. Pour arrêter, des substituts nicotiniques peuvent être prescrits par le médecin ou la sage-femme.
Médicaments : le réflexe « avis d’abord »
Pendant la grossesse, il faut demander l’avis d’un professionnel de santé avant de prendre un médicament, même pour un petit mal courant. Deux pictogrammes sur les boîtes aident à s’y retrouver :
- « Médicament + grossesse = danger » : à n’utiliser qu’en l’absence d’autre solution, sur avis médical.
- « Médicament + grossesse = interdit » : à ne jamais prendre pendant la grossesse.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, sont strictement contre-indiqués à partir du 6e mois, même en une seule prise. Avant, ils ne se prennent que sur prescription. Les compléments alimentaires et les huiles essentielles sont, eux aussi, vivement déconseillés sans avis.
Et dans l’assiette ?
Le bon repère tient en une phrase : manger deux fois mieux, pas deux fois plus. Une alimentation variée et équilibrée suffit : fruits et légumes, féculents, produits laitiers, protéines, et de l’eau à volonté. La vitamine B9 est souvent prescrite par le médecin ou la sage-femme en début de grossesse. Les précautions particulières, comme la toxoplasmose et la listériose, feront l’objet d’un article à part.
Votre rôle
- Faites équipe sur l’alcool. Il est recommandé au co-parent d’adapter sa propre consommation. Lever le pied en même temps qu’elle, c’est lui éviter d’être la seule à faire attention à table.
- N’insistez jamais. « Juste une coupe pour fêter ça » : ni vous, ni l’entourage. Personne ne devrait l’inciter à boire, même ponctuellement.
- Prévoyez des alternatives. Boissons sans alcool à l’apéro, cocktails sans alcool pour les fêtes : si la grossesse n’est pas encore annoncée, vous l’aidez aussi à ne pas avoir à se justifier.
- Si vous fumez, éloignez la fumée. Jamais à côté d’elle, jamais dans le logement ni dans la voiture. Et si c’est le moment d’arrêter, vous n’êtes pas seul : le 39 89 vous accompagne aussi.
- Si elle fume, soutenez sans culpabiliser. Arrêter pendant la grossesse est difficile. Encouragez-la à en parler à la sage-femme ou au médecin, qui peuvent prescrire des substituts, et arrêtez avec elle si vous fumez aussi.
- Faites le tri dans l’armoire à pharmacie. Mettez de côté ce qui porte un pictogramme grossesse, et les anti-inflammatoires. Et à la pharmacie, rappelez qu’elle est enceinte.
- Prenez la cuisine en main. Des repas variés et simples, préparés à deux ou par vous : c’est concret, et ça compte.
Bon à savoir
- Tabac info service : le 39 89, pour être accompagné dans l’arrêt du tabac.
- Alcool info service : le 0 980 980 930, tous les jours de 8 h à 2 h, anonyme et non surtaxé.
- Votre caisse d’Assurance Maladie (36 46) peut vous orienter vers des structures d’accompagnement.
- Les substituts nicotiniques sont pris en charge par l’Assurance Maladie sur prescription.
Quand demander conseil
- Si votre compagne a bu de l’alcool ou pris un médicament avant de savoir qu’elle était enceinte, inutile de paniquer seuls : parlez-en au médecin ou à la sage-femme, qui pourra répondre précisément.
- Avant toute prise de médicament, même en vente libre : médecin, sage-femme ou pharmacien.
- Si arrêter l’alcool ou le tabac est difficile, pour elle comme pour vous : le médecin, la sage-femme, le 39 89 ou Alcool info service sont là pour ça.
En pratique
- Alcool : on fait équipe, et l’entourage est prévenu de ne pas insister
- Boissons sans alcool prévues pour les apéros et les fêtes
- Pas de fumée dans le logement ni dans la voiture
- Armoire à pharmacie triée, anti-inflammatoires mis de côté
- Numéros utiles notés : 39 89, 0 980 980 930