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devenir papa

Futur papa : joie, peur, vertige… les émotions du début de grossesse

Par Benjamin. Publié le .

Un homme assis sur le rebord d'une fenêtre, pensif, devant un paysage de montagne enneigée.

Le test est positif. Il y a la joie, immense, parfois les larmes. Puis, dans les jours qui suivent, autre chose s’invite : un léger vertige, des questions qui tournent la nuit, l’impression étrange que tout a changé alors que rien ne se voit encore. Ce mélange est normal. Le comprendre aide à le vivre, et à ne pas le garder pour soi.

L’essentiel

  • La grossesse provoque chez les deux futurs parents des émotions nombreuses, et souvent contradictoires.
  • Être heureux et avoir peur en même temps a un nom : l’ambivalence. Elle ne dit rien de mauvais sur le parent que vous serez.
  • Les doutes et les peurs ne sont pas superficiels : ils méritent d’être reconnus, sans vous juger.
  • En parler, à deux, avec des proches ou avec un professionnel, est la meilleure façon de les alléger.
  • Des rendez-vous existent pour ça, et vous y avez votre place, à commencer par l’entretien prénatal précoce.

Comprendre

Un tourbillon qui a ses raisons

Avec une grossesse, surtout la première, les repères changent. Vous devenez parent, vos parents deviennent grands-parents, votre place change au travail, avec vos amis, dans vos loisirs. Beaucoup de situations nouvelles s’annoncent, et avec elles une foule de questions :

  • La grossesse va-t-elle bien se passer ? Le bébé sera-t-il en bonne santé ?
  • Est-ce que je vais savoir m’y prendre ? Est-ce que je vais l’aimer tout de suite ?
  • Est-ce qu’il restera du temps pour moi, et pour notre couple ?

Ces questions sont partagées par énormément de futurs parents. Les poser n’est pas un signe de faiblesse : c’est le début du chemin.

L’ambivalence : vouloir et avoir peur

On peut être pressé que le bébé arrive, et ressentir de l’anxiété, voire un certain rejet à cette idée. On peut être fier et serein le matin, inquiet le soir. Beaucoup de futurs parents ont l’impression de changer sans cesse d’avis, de penser une chose et son contraire.

C’est ce qu’on appelle l’ambivalence. Elle n’a rien de grave, même si elle peut être fatigante. Et même quand on a désiré un enfant, trouver la grossesse pénible ne veut pas dire qu’on sera un mauvais parent.

Les peurs les plus fréquentes

La peur fait partie des émotions les plus courantes pendant une grossesse : peur de l’inconnu, de ne pas savoir quoi faire, de ne pas être prêt, de ne pas réussir à aimer son bébé. Certains futurs papas craignent aussi pour leur couple, que leur compagne ait moins de place pour eux une fois l’enfant arrivé.

La bonne nouvelle : en avançant, beaucoup de parents se découvrent des forces qu’ils ignoraient.

Trouver sa place

La grossesse bouscule l’équilibre du couple. Chacun la vit avec sa propre histoire, et le futur papa cherche souvent sa place auprès de son enfant à venir, alors que tout se passe dans le corps de sa compagne. Cette place se construit petit à petit : par la présence, par l’organisation du quotidien, et par la parole.

Votre rôle

  1. Nommez ce que vous ressentez. Joie, peur, agacement, indifférence passagère : mettre un mot dessus, sans vous juger, est déjà une façon de prendre soin de vous.
  2. Parlez-en à deux. Votre compagne traverse elle aussi un tourbillon. Échanger vos doutes et vos peurs vous rapproche, et évite que chacun les porte seul.
  3. Venez aux rendez-vous. Les échographies, les consultations, l’entretien prénatal précoce : c’est là que la grossesse devient concrète pour vous aussi, et que votre place se dessine.
  4. Revoyez votre rythme, si c’est possible. La grossesse est une bonne raison d’ajuster votre organisation au travail pour être plus présent, et de revoir la répartition des tâches à la maison.
  5. Gardez du temps pour vous. Le sport, une balade, les amis, la musique : ce qui vous apaise n’est pas du temps volé, c’est ce qui vous permet d’être disponible ensuite.
  6. Faites le tri dans les obligations. Tout n’a pas besoin d’être fait maintenant. Lever le pied libère du temps pour souffler, et pour parler.
  7. Ne restez pas seul avec ce qui pèse. Un ami devenu papa, un frère, un proche de confiance : souvent, découvrir que d’autres ont vécu la même chose fait déjà beaucoup de bien.

Bon à savoir

  • L’entretien prénatal précoce fait partie des rendez-vous obligatoires du suivi de grossesse depuis 2020. Il peut se faire en couple, avec la sage-femme ou le médecin, et il est pris en charge à 100 %. C’est un moment prévu pour parler de ce que vous vivez, tous les deux.
  • Les séances de préparation à la naissance et à la parentalité sont aussi l’occasion d’échanger avec d’autres futurs parents.
  • Mon soutien psy : l’Assurance Maladie prend en charge jusqu’à 12 séances par an chez un psychologue conventionné, pour toute personne qui se sent angoissée ou en souffrance. Le futur papa y a droit, lui aussi.
  • Pour apprendre à reconnaître et nommer ses émotions, le site santementale-info-service.fr propose des repères simples.

Quand demander conseil

  • Si l’inquiétude ou la tristesse s’installent et ne vous lâchent plus, si vous dormez mal, si vous buvez davantage ou si les disputes se multiplient : parlez-en à votre médecin traitant, ou à la sage-femme qui suit la grossesse. Ce n’est pas réservé à la future maman.

En pratique

  • Un moment calme prévu cette semaine pour parler, à deux, de ce que chacun ressent
  • L’entretien prénatal précoce noté, et votre présence prévue
  • Une activité qui vous apaise gardée dans l’agenda
  • Un proche de confiance identifié, à qui parler si besoin

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